Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 16:16

Longtemps j’ai cru que pour bien écrire il fallait être au calme, que seul le silence, de son manteau de velours nous enveloppait et laissait notre esprit vagabonder. Quelle erreur ! Il n’est pas de lieux pire que ceux où ne vibre nul son pour conter quêtes et légendes. Bien sûr le silence est un doux cocon où l’on se glisse lorsque l’on veut penser et quérir la suite des aventures des héros mais la compagnie des troubadours est plus agréable encore.

Pour que cette union de la plume et du troubadour soit la meilleure possible il ne faut faire jouer que les ballades et les chants que l’on aime. Car l’on ne peut écrire si l’on aime ce que l’on entend. Si le cœur est troublé de sourde colère cette ire rejaillit sur sa prose et rien alors ne saurait aider à poursuivre l’œuvre. Il n’y a nul genre de mélodies qui conviennent mieux à un style qu’à un autre, à une aube ou à un crépuscule. Laissez parler votre cœur et si jamais une chanson vous fait ressentir de la joie à son écoute gardez la près de vous.

Les troubadours par les variations de rythme, les paroles, les mélodies emmènent l’esprit bien plus loin que la simple pensée ne peut le faire et cela pour une simple raison. Quand on se laisse porter par la musique on lâche prise et, ce faisant, on n’impose plus de limites à ses rêveries. Alors on part parfois bien loin et il ne faut surtout pas en avoir peur. Écoutez les chants dans l’ordre qui vous plaît, écoutez les  dix vingt cent fois si vous le désirez. 

Écrire en musique est, je trouve, infiniment plus facile que d’écrire dans le calme car le style, la prose et le récit lui-même en sont affectés. Certes cela peut être un mal ou dérangeant pour certains mais pour ma part je trouve cela fort exaltant. Car même si l’on sait où va nous conduire le récit, on ne sait ni la voie ni la façon dont ce voyage va se dérouler. Et cela apporte aux récits une touche originale que rien ne saurait dissimuler ou enlever. Enfin je pense que l’on est toujours influencé par la musique et que même si l’on n’écrit pas on peut trouver maintes péripéties en marchant au hasard.

Errer dans votre ville ou même village, en plein bois ou sur le bord des routes, un casque sur les oreilles et les troubadours murmurant les chants à son oreille est un exercice fort intéressant et j’invite tous et toutes à le tenter. Baladez vous avec en sus un stylo et carnet de notes et vous verrez qu’en quelques heures seulement vous y inscrirez bien plus d’idées, de notes et de remarques que si vous n’en écoutiez. Ainsi par l’union des sens naît une très fertile inspiration.

Alors je vous invite mes amis à faire ainsi, que vous soyez écrivain ou non. Surtout vous qui vous croyez incapable d’imaginer des histoires, qui vous croyez dénués d’imagination et d’esprit créatif. Laissez vous porter par les chants des troubadours et vous verrez votre plume noircir les feuilles de papier avec une frénésie dont vous ne soupçonniez même pas l’existence.

Par Jonathan Harker - Publié dans : Du côté de La Plume
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